mardi 3 novembre 2009

Le bruit et les odeurs / Fanny à Buenos Aires




Jamais je n'avais autant identifié à une ville à ses bruits, à ses sons, à sa musique et à ses odeurs que Buenos Aires.

La ville est parmi l'une des capitales les plus bruyantes au monde paraît-il. Le centre est envahi de taxis jaunes et noirs tel un New York européo-latino. Autant le réseau de métro est très peu développé, autant les collectivos, eux, quadrillent toute la ville jour et nuit. Donc à n'importe quel endroit de la capitale on écoutera le collectivo passer et dévaler les avenues et les moindres petites rues sans trop de limitation de vitesse. Au point que vivre dans une rue où ne passe pas de collectivo est un gage de tranquilité sonore. Visuellement, les collectivos sont différents selon chaque ligne et chaque compagnie privée qui les exploite. Certains, les plus drôles, sont "tunnés" façon voitures des kékés de la côte méditerrannée, couleurs et dégradés bleutés sur le parebrise, la radio et la musique au goût du chauffeur, parfois le chapelet qui pend au rétroviseur comme j'ai connu à Mexico. Pas de virgen de Guadalupe mais la photo des enfants du chauffeur, de la novia... Bref, un univers différent à chaque trajet.
Les voitures sont très modernes ou d'une autre époque, un bon tiers ne passerait pas le contrôle technique je pense mais elles roulent. Et font du bruit. En proportion il y a quand même beaucoup moins de voitures qui circulent dans le centre que dans des capitales européennes. Situation économique oblige, ci on est très loin d'une voiture par famille, c'est collectivo et subte (metro) pour tous.




La musique typique que l'on peut entendre par hasard comme ça en passant dans la rue est bien-sûr le tango. C'est quelques notes, un air, une chanson, qui s'échappe d'un attrape-touristes, d'un magasin de disques de l'avenue Corrientes, d'une fenêtre, d'une boutique, d'un taxi, en passant le soir devant un bar, une milonga (salon où on danse le tango), devant une école de danse...
En plus du tango, je suis toujours ravie d'entendre à la radio toute la musique que j'aime et que je ne pouvais écouter que dans mon MP3 depuis des années. Au bureau pendant la journée j'écoute Andrès Calamaro, los Rodriguez, los Fabulosos Cadillacs, du folklore argentin, Mercedes Sosa, Mana, tous les tubes latinos du moment ou les classiques, mon Chichi Peralta adoré, un peu de salsa, de merengue, bachata... C'est comme si je faisais une sélection de ma musique préférée, sauf qu'elle passe toute seule à la radio !

L'autre bruit qui me semble très typique de Buenos Aires sont les enthousiasmes télévisuels dominicaux provoqués par les matches de foot. Cris, hurlements, explosions de joie ou de colère, insultes, beaucoup d'insultes, aux joueurs, entraîneurs, arbitres, spectateurs supporters de l'équipe adverse..., c'est le fond sonore habituel d'un dimanche calme à la maison les fenêtres ouvertes... Cet après-midi c'était Boca contre River, c'est à dire un match entre 2 équipes mythiques de la ville pour lesquelles les inchas (les supporters) se couperaient un bras pour voir leur joueurs gagner. Et je me suis dis en entendant à plusieurs reprises des hurlements dans toute la cuadra (le paté de maison) que ça me rappelait la France pendant le Mondial, lorsque l'équipe de France jouait, sauf qu'ici c'est le Mondial tous les week-ends.



Et les odeurs, vous me direz quelles odeurs ??? Je vous répondrai sans hésiter l'odeur des braises ardentes, de la grillade, dès 10h du matin, ce filet de fumée qui vient des restaurants alentours et qui me taquine les narines quand je suis au bureau et me fait calculer que la pause déjeuner se rapproche. Car les Argentins qui peuvent dépenser 20 pesos vont s'enfiler une bonne viande à midi, forcément cuite au feu de bois. C'est l'asado, la parilla,la parillada, bref tout ce vocabulaire de grillades et de barbecue que l'on apprend ici en arrivant. C'est le plat de prédilection,  incontournable pour un dimanche en famille, une soirée entre amis, improvisable à toute heure, en hiver ou en été. J'en ai vu qui installaient les braises par terre dans la rue. Ici on trouve des braises à acheter aussi facilement qu'une bouteille d'eau. L 'odeur des braises est dans toute la ville. Dans les restaurants en semaine, dans les jardins et terrasses les week-ends... et dans ma mémoire olfactive pour toujours.

Les vacances à l'américaine / Carine à Boulder, Colorado, USA






S'il y a bien une chose à laquelle je ne voulais jamais, mais alors au grand jamais m’associer, c’était les vacances à l’américaine… Ben oui, on les a déjà tous repérés les américains qui voyagent… Merci ce n’est pas pour moi !!


Puis, on passe la 1ere année aux US. Là, on pleure vite les RTT et les 5 semaines de vacances payées. A la fin de cette 1ere année on est crevé, mais on reste motivé, on veut des vacances à la cool !! Enfin rappelons que ces vacances auront une durée maximum de 10 jours (ah oui… après, 10 jours c’est à se demander si nos collègues et notre boss se rappellent encore de notre existence). Et finalement après plusieurs années sur place… pas le choix, on s’y colle ! On prend une semaine de vacances (comme tout le monde) et on veut que cette semaine soit la plus belle semaine de vacances de toute notre vie !! Donc… on se prépare a mort, les ongles, le maillot, les fringues tout y passe et repasse !! Et direction le Mexique, le pays le plus « visité » par les américains…ben oui…c’est mathématique au Nord on se caille et plus au Sud on n’a pas le temps de s’y rendre.

Et puis finalement, on apprécie chaque minute de cette semaine beaucoup trop courte et on est heureux. Finalement, il suffit de remettre les choses en perspective. Une semaine, c’est mieux que rien !!

dimanche 25 octobre 2009

Jamon Jamon... / Emilie à Madrid






Cinq ans à Madrid, cinq ans en Espagne. Qu’est ce que cela signifie ?
Et bien surtout s’adapter à dormir plus tard que la moyenne européenne, vivre à l’heure espagnole et donc être décalée de 2 voire 3 heures par rapport à nos voisins, quand commence l’heure du déjeuner ici, ailleurs c’est presque le goûter. Le soir pareil, le dîner ici correspond à la fin du téléfilm sur TF1 là-bas.
Mais il manque quelque chose encore car vivre en Espagne c’est aussi apprendre à s’alimenter ibérique.
Si je fais le point je me dis qu’il y a un mot que tout étranger doit impérativement apprendre quand il atterri sur le sol de Don Quichotte. Ce mot qui prend tout son sens, une fois qu’on l’a dégusté et qui reste bel et bien l’un des symboles gustatifs de ce pays. El jamón…

Le jambon. Non, pas le bon jambon rose que l’on trouve chez le charcutier. Non non. Celui que l’on trouve ici est cru, ferme, tendre, il a d’la gueule, du caractère.Mieux vaut avertir celui qui n’a jamais mis les pieds en Espagne qu’il va avoir l’embarra du choix et mille et une tentations.
Moi quand je suis arrivée au tout début j’ai été impressionnée de voir qu’il pouvait exister un Musée du Jambon… Pas un musée tel que le musée Grevin où tout est faux, non, dans ce musée là tout est à manger, tout est vivant. C’est une sorte de grand bar-restaurant-charcuterie-fromagerie, sans respirer! Dans la partie bar, tout le monde est debout à boire, à parler et ricaner fort et bien sûr à manger des sandwichs au jambon ibérique, au jambon serrano, au lomo, en gros à partager un bon bout d’gras… Mais ce qui fait la particularité de cet endroit n’est pas tant l’ambiance qui y règne, mais c’est surtout les centaines de gros jambons qui pendouillent partout. Il faut le voir pour le croire !
Le jambon est sur toutes les tables donc, du petit bar paumé en passant par celle des familles espagnoles, ou bien du grand restaurant chic, on trouvera toujours un morceau de cochon à manger. Tu n’aimes pas le jambon ? Et bien prépare toi à te faire regarder de la tête au pied tel un extra terrestre descendu de sa planète !
Les espagnols sont fiers de leur jambon, tellement fiers que les hommes en sont arrivés à le personnifier… Je m’explique, une femme qui a des formes, juste comme il faut, et qui est agréable à regarder (voire plus si affinité) on dit qu’elle est « jamona »… En français je ne sais pas comment on pourrait traduire ça… En fait il ne vaut mieux pas. Tu souris et tu dis merci, c’est tout.

Voilà donc quelques mots sur une des traditions gastronomiques et peu diététiques de l’Espagne. Il y en a des centaines d’autres (peu diététique aussi) mais celle-ci est la plus représentative et ancrée dans toutes les habitudes quotidiennes. Ou presque…

jeudi 8 octobre 2009

Grippe A… quand tu nous tiens ! / Carine à Boulder, Colorado, USA



Elle me semblait loin, très loin la H1N1. Finalement, elle nous a pris de court, on n’a même pas eu le temps de se poser la question : vaccin ou pas.

Rétrospective :
Samedi : notre petiote a l’ œil brillant et semble courbaturée… tiens, il me semble qu’elle est en train de tomber malade.
Dimanche : la fièvre augmente et augmente.
Lundi : on va voir le médecin – diagnostique GRIPPE… mais pas n’importe laquelle, grippe A. J’ai failli m’effondrer… pardon ?? Comment cela la grippe A ? Dans le Colorado ? Au fin fond des USA, mais comment cela est-il possible ?? Le médecin m’a regardée avec un air ahuri du style « Ben t’es pas encore au courant ma cocotte ? » mais m’a gentiment répondu « she’ll be fine…doooonnn’t wooorrrry – Ca va bien se passer, ne vous inquiétez pas ». Il faut savoir que c’est la phrase préfère des médecins américains. Celle qui me rend folle… à ce stade je me retiens de sauter au coup de ce gentil médecin et de lui dire ce que j’en pense de bonne humeur et de la médecine aux USA. Ensuite, on me dit que ça va être un peu difficile de trouver le médicament (le fameux Tamiflu)…et la, ce n’est pas une légende. Après avoir parcouru la moitié du Colorado, victoire je l’ai !! On va tous être sauvé !
3 jours plus tard : on est tous vivant… la petiote y compris. Un vent de panique (principalement de France) s’est abattu dans notre maison pour finalement une grosse grippe….qui est déjà partie ou presque.

Moralité : les américains sont beaucoup moins paniqués que les français. Pas d’état d’urgence ici… pas de masque (de toutes façons, allez faire porter un masque a une petiote de presque 2 ans…bon courage), pas de service spécialisé grippe A… et comme me disait le médecin, faites lui une bonne "Chicken Noodle Soup" (soupe aux pates et au poulet, la bonne vieille soupe en boite Campbell) et un bon dessin animé !

lundi 5 octobre 2009

J'aime... / Fanny à Buenos Aires

Avenida Corrientes


Quand Buenos Aires s'éveille, que le soleil du matin s'engouffre dans ses rues etroites et m'éblouit quand je traverse ses avenues
Quand les collectivos (bus) tanguent sur les pavés ...
Quand une pluie tropicale s'abat sur la ville mais qu'on reste en tongues avec son parapluie

Quand un steack de dingue peut fondre dans la bouche à n'importe quelle heure de la nuit
Quand on a l'embarras du choix pour sortir à 2h du matin, tous les jours de la semaine
Quand on ne marche pas plus de 3 cuadras (patés de maison) pour trouver un glacier

Quand on monte un taxi en 20 secondes 24h24
Quand on fume dans les taxis en ecoutant en direct un match de foot

Quand je reconnais une chanson Chichi Peralta s'échapper d'une voiture, d'un bar... et que je comprends que je suis sur le bon continent
Quand des djeuns jouent de la guitare et chantent Andres Calamaro sur la plaza San Martin, que je leur demande mes chansons preférées.... et que je comprends que je suis dans le bon pays !

Quand on se sent transparente à la maison mais qu'une fois dans la rue, 300 mètres suffisent pour qu'un Argentin nous rappelle qu'on est une nana !
Quand on me laisse passer la première dans le collectivo et le métro parce que... je suis une nana (même si 10 secondes après je me fais traiter de ''mamacita'')

Quand je pose une question à n'importe qui et qu'on me réponds, on m'oriente, on m'aide, et avec le sourire
Quand mon épicier me dit ''si mi amor''
Quand tendre la main n'existe pas et qu'on claque une bise (une seule ici) à son chef, au dentiste, à tout inconnu

Quand on me raconte que le patron du bar, c'est le petit papi assis au fond, qu'il n'a toujours pas perdu son accent "gallego" (de Galice), et que le jeune derrière le comptoir, c'est son petit-fils
Quand on rentre dans un restaurant, qu'on se croit 50 ans en arrière, que rien ne semble avoir changé, ni le menu, ni le décor, et qu'on sent cette ALMA !

Quand je me sens dans la même journee à Paris, en Espagne ou en Italie
Quand j'ai l'impression d'être ici depuis toujours !

Quand je réalise que cette capitale n'a pas encore succombé aux chaînes de magasins de fringues, de restauration rapide, de Starbucks et autres aliénations occidentales

Quand tout peut se discuter, le prix du loyer, l'entrée d'un spectacle etc et qu'''il faut qu'on en parle''

Quand on me demande ''y vos de donde sos ? '' (et toi d'ou viens tu ?) et que je me sens une immigrante

Quand toutes ces petites choses superficielles me consolent de mes 31 printemps...